Institut Noème

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Pervers narcissique ou «Serial killer psychologique »


 Ils distillent un poison lent que l’on peut nommer le stress, qui parfois peut s’avérer mortel, et cela, dans l’entreprise ou dans le huis clos des familles.

Atteint d’une maladie sans symptômes apparents, mal incurable et en recrudescence, le pervers narcissique porte un masque : « la normalité, c’est son meilleur déguisement » ;
Et ils n’hésitent pas à s’indigner : «Comment pouvez-vous imaginer que je puisse faire une chose pareille ? »



« Le démon est une personne ordinaire. Rien ne s’affiche sur son apparence physique. Il peut être votre collaborateur, votre chef de service, ou simplement votre voisin de palier. Il faut du temps, de l’expérience et le fait d’avoir été une de ses victimes pour déceler au fond de ses yeux ce liquide jaunâtre qui trahit la bile que sécrète son âme. La bile qui alimente les manigances en vue de prendre par la force ce qui ne lui appartient pas, pour usurper le travail et le mérite des autres et éclater de rire quand il a triomphé de tout le monde, surtout de la justice et du droit »
Tahar Ben Jelloun

« Le narcissisme pathologique est grand pourvoyeur de violence » et parce que nous sommes progressivement passé à une société qui ne tolère plus la frustration, nous produisons aujourd’hui, à la chaîne, ce type de personnalité (3% à 15 % de la population selon les enquêtes)

 


«Je veux tout, tout de suite et l’autre est un gêneur »

 

La montée de l’individualisme, la jouissance sans entrave et la surconsommation favorisent cette façon de se servir de « l’autre » comme d’un objet ou de considérer « l’autre » comme un « territoire à annexer ».
De plus en plus nombreux, ils sévissent partout : au travail, en famille, en couple.

Progressivement, quelque soit l’environnement, l’individu pervers narcissique prend le contrôle sur sa victime en lui faisant perdre confiance en elle, en utilisant insidieusement ses faiblesses pour affirmer sa force et la soumettre.

Alors, comment apprendre à les reconnaître, pour s’en éloigner, s’en protéger quand on sait qu’ils choisissent la normalité pour exister ?

S’ils veulent prendre l’ascendant sur une cible, ils sauront briller de tous leurs feux.
Ils sont séducteurs, ponctuellement très serviables, surtout si cela permet d’atteindre leurs objectifs aux dépens des autres.
Ils se montrent charmants, brillants, altruistes pour la vitrine mais tyranniques, sombres et destructeurs en privé.
Ils vampirisent l’énergie de l’autre : l’expression « se faire bouffer » prend tout son sens.
Ils ne prennent jamais en compte les besoins, les désirs et les sentiments des autres
Froids, ils ne connaissent pas la culpabilité et n’hésitent pas à culpabiliser les autres.
Mégalomanes, ils ont l’obsession de l’image qu’ils donnent à l’extérieur pour être admirés.
Habiles avec la parole, ils se servent du double sens des mots pour manipuler, du discours paradoxal et contradictoire pour dépasser le conflit.
Ils dénigrent, sous couvert d’humour au début, et puis de plus en plus directement.
Ils n’admettent aucune mise en cause, aucun reproche mais passe leur temps à critiquer tout le monde.
S’ils se remettent en cause ou demandent pardon, c’est uniquement par stratégie.
Ils alternent le chaud et le froid et maîtrisent l’art de savoir « jusqu’où aller trop loin ».
Ils ont toujours une bonne raison pour que ça n’aille pas, égocentriques, ils exigent de l’autre la perfection.
Ils ont un besoin compulsif de gâcher toute joie autour d’eux.
Ils se positionnent en victime pour se faire plaindre et rendre l’autre mal à l’aise.
Ils utilisent la morale et les valeurs des autres pour arriver à leurs fins.
Plus ils dévalorisent leurs victimes, plus ils se sentent forts, et plus ils éprouvent un soulagement morbide quand l’autre est au plus bas.

L’expression « pervers narcissique » est entrée dans la conversation courante et nous sommes tous amenés à utiliser, à certains moments de notre vie, un de ces mécanismes pervers narcissiques.
D’ailleurs, n’est-il pas pervers d’accuser l’autre de pervers ?

Question de dosage, peut-être, le pervers narcissique accompli pousse l’autre à la dépression, à la violence, à la maladie et cela sans aucune remise en question possible pour lui et en tout impunité vis à vis de l’environnement extérieur : un crime parfait.

Penser que la victime était d’accord pour entrer dans ce jeu qui peut paraître sado-maso, revient à sous estimer les mécanismes de la manipulation utilisés par le pervers narcissique et à oublier que nous sommes tous susceptible de croiser un jour ce type de personnalité, sans en reconnaître suffisamment tôt les travers.

« Il n’y a rien à attendre de la fréquentation d’un pervers narcissique, on peut seulement espérer s’en sortir indemne »
Paul-Claude RACAMIER Psychanalyste

« Les pervers narcissiques » Jean-Charles BOUCHOUX Editions Eyrolles
« Le génie des origines » Paul-Claude RACAMIER Editions Payot
« L’effort pour rendre l’autre fou » Harold SEARLES Editons Gallimard
« Abus de faiblesse et autres manipulations » Marie-France HIRIGOYEN
« Le harcèlement moral : la violence au quotidien » Marie-France HIRIGOYEN